Combien y en a-t-il en France et parallèlement qui dansent ?
Mais combien n'ont pas eu la chance de vivre très bien et sans souffrance ?
En eux la haine me peine, si rance, persiste avant qu'ils ne la pansent.
En découle la violence, si dense, pour une immense erreur je pense.
Je pleure les leurs qui ont eu peur d'affronter la vie pour survivre,
Qu'ont pas fait face à tous les heurts dont les heures qui passent ne nous privent.
Ne voulant ni argent ni beurre mais que le bonheur les enivre,
Leur préférence, stopper leur coeur et tous en choeur rejoindre l'autre rive.
Il y a ceux qui continuent, poursuivent le combat dans la rue
Mais ils tomberaient bien des nues de savoir que cela les tue,
Et tutoie les larmes qui coulent dru pour effacer tout ce qu'ils furent,
Gamins perdus dans l'inconnu aux ados tristes dans ce monde dur.
Ce sont des enfants de la DDASS qui se sentent mal dans leurs godasses.
Ils se croient membres d'une autre race, ne veulent pas entrer dans la masse.
Et nous autres de la populace, nous ne voulons voir aucune trace
De ceux qui se noient, prennent la tasse, pour nous tout ceci n'est qu'une farce.
Que nous sommes cons,
Si peu conscients
Que nous n'sommes bons,
Intolérants.
Que nous sommes bêtes
D'pas les aimer,
Rien dans la tête,
Faut nous changer.
Il y a lui qui s'amusait à faire courir les flics souvent,
Et tout ce qu'il nous racontait avait un goût de délinquant.
C'était un enfant qui jouait à reproduire les actes des grands
Sans voir que ce n'était des jouets les keufs, les meufs voire tous les gens.
Vendredi, frites à la prison, il semblait en être joyeux.
Faut dire que pour lui les bastons, c'est plus important à ses yeux.
Sans avoir vraiment de maison comme de famille ou même de vieux,
Il n'avait jamais l'impression d'être heureux, il était envieux.
A côté il y avait elle qu'était pas moche, pas non plus belle,
Qui avait l'esprit d'une rebelle, qui acceptait toutes les querelles.
Loin d'être une petite fille bien frêle qui jamais aux problèmes se mêle,
Elle, elle était plutôt de celles pour qui tout allait, est nickel.
Bien sûr elle aussi a souffert, a connu les maux de la Terre,
N'a jamais pu connaitre son père et sa mère toujours dans la bière.
Bien sûr sa vie est un calvaire qu'elle a enterré au cim'tière.
Elle ne veut plus faire marche-arrière et retourner vivre l'enfer.
Que nous sommes cons,
Si peu conscients
Que nous n'sommes bons,
Intolérants.
Que nous sommes bêtes
D'pas les aimer,
Rien dans la tête,
Faut nous changer.
J'en ai vu des choses, pas toutes roses, car j'en ai côtoyé longtemps.
Entr' celui qui avait des doses pour qui la drogue était tentant,
Celle qui un beau matin explose avec son regard menaçant,
Sans oublier quelques virtuoses du vol à l'arraché ou nan.
Seuls deux ont fugué de chez moi avec nos vélos sous le bras,
L'un ému et l'autre sans émoi, ça n'était pas sa première fois.
Pourtant Rennes n'est pas à deux pas mais cela ne les gênait pas.
Ils s'en sont allés comme des rats pendant une nuit, il faisait froid.
Globalement aucun souci, si ce n'est de sympathiser
Car ils ont peur du mot "ami", ils ne croient pas en la bonté.
Pour eux c'est noir ou blanc pas gris, pour nous aussi c'est compliqué.
Voici la source de notr' conn'rie, ainsi que de nos préjugés.