Textes, découvertes et billets d'humeur de WacsiM.
Tu poses tes lunettes sur ton nez,
À peine debout, pas réveillé
Et soudain t'as le sentiment
De vivre derrière un drôle d'écran.
Tes gestes sont lents, tes mots étranges
Et où que tu ailles tu déranges.
A quoi bon faire couler des larmes,
Baisser les armes, faire du vacarme ?
Tu traines des pieds sans le vouloir.
Tu frôles les murs dans les couloirs.
Tes parents ne sont pas présents
Et tes amis inexistants.
Tu souffres sans bruit, comme un fantôme
Qui ne hante plus aucun royaume.
Tu souffles, tu cris dans ton esprit
Pour évacuer tout ce mépris.
Avant de te coucher l'ordi
T'appelle, t'attire, te donne envie
De passer des heures et des heures
Entre ses bras si protecteurs.
Toi docile tu lui obéis
Et tes soucis tu les oublies.
Tu deviens cet être au pseudo
Trop classe, trop frais, trop cool, trop beau,
Cet avatar qui leur fait peur
Car dans le jeu t'es une terreur.
Enfin reconnu par tes pairs,
Cet univers factice t'est cher.
De l'IRL à l'irréel,
De l'incompris au mec mortel
C'est sûr ton cœur ne balance pas
Mais tu n'as pas vraiment le choix.
Les nouveaux contes, les nouvelles fables
Ont des fins bien plus misérables.
Tout commence mal, tout fini mal,
Tout va mal entre, rien d'anormal.
Les héros n'en sont pas vraiment,
Ils sont gentils et puis méchants
Envers les autres et puis eux-même.
Vous pouvez comprendre le problème.
Le paysage n'a rien d'un rêve
Et à la fin tout le monde crève.
La société est à vomir.
Sans sourire et sans avenir,
Elle vit dans le mensonge commun
Qui ne donne que de pauvres gamins.
Pas de morale car trop affreuse,
L'histoire elle-même est assez tueuse.
[11-05-10]