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Moi Par Mois

22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 09:08

Dijon, parc derrière la gare

 

 

Il fait beau. L'herbe est verte, plutôt haute en raison des nombreuses dernières pluies. Bien que nous sommes en été nous ne sommes plus habitués au soleil et à la chaleur. Pour preuve, j'ai pris un gilet « au cas où ». Posé sur un banc collé à une haie j'observe. En face de moi se trouvent des fleurs : rien de bien intéressant. Cependant, sur le banc à ma droite, deux personnes attendent et parlent entre eux. Le regard de celui le plus loin de moi me fait imaginer des choses. En effet, tout à l'heure, lorsqu'une petite fille passait avec ses parents devant nous, il la regardait non pas avec de la tendresse mais plutôt avec de la peur voire de l'agressivité. Quelqu'un qui n'aime pas les enfants ? Possible. Quelqu'un qui ne sait pas comment se comporter en leur présence, assurément. À l'entendre parler je me dis qu'il doit avoir un problème. Je tire des conclusions hâtives et m'en veux pour ça. Mais, sachant qu'il y a un hôpital psychiatrique non loin et que les patients ont probablement davantage de visites de leur famille le week-end, ne se pourrait-il pas que... Et voilà, encore à préjuger les choses. Les oiseaux chantent, les enfants crient, les trains démarrent. Quel vacarme ! Paradoxalement, ce bruit m'apaise et me fait penser aux vacances si proches. Une grand-mère montre à son petit-fils des grenouilles puis s'en va. Des fourmis dans ma jambe gauche, je décide de changer de position pour écrire. Jusqu'à ce que ces fourmis se propagent dans l'autre jambe... J'étais sorti pour photographier des gens, me voilà à faire un paysage de ce qui m'entoure avec des mots. L'homme dont je parlais tout à l'heure (avec le regard) a les yeux rivés cette fois-ci sur moi. Je détourne le regard et écris ces mots. Je l'imagine en train de se demander ce que je fais. C'est vrai que nous ne sommes plus dans l'ère du scriptural. Des cyclistes passent, un couple, un grand-père seul, et un vent frais apparaît. Tentant de remettre mon gilet sur les épaules mais je tiendrai bon, je n'ai pas encore la chair de poule. Un monsieur, la bonne soixantaine, cheveux blancs ébouriffés, zone dans le parc une main dans la poche et l'autre à tenir sa veste de costard sur son épaule droite. D'un pas lent il avance en distribuant des sourires à qui veut bien en recevoir. Puis son opposé arrive : une grand-mère au visage si dur qu'on ne peut que se poser la question suivante : que lui est-il arrivé dans sa vie ? Elle s'installe sur le banc qui se trouve à ma gauche, la canne entre ses jambes et des lunettes de soleil sur le nez. Nous sommes à l'ombre. Étant le seul avachi, je me redresse. Une madame fantasmatique promène son chien. À moins que ça ne soit lui qui la promène vu qu'il choisit le chemin qu'ils empruntent. Les deux hommes à ma droite s'en vont et suivent la dame, très probablement ensorcelés. Je lâche trois secondes mon calepin et mon stylo pour photographier la vieille dame au sourire absent. Impossible d'avoir son non-rictus, elle regarde ailleurs. Ah, ce sont deux amies à elle qui arrivent. Je les entends dire « Il ne faut pas dire que ça ne va pas ! ». Me disant que j'ai sûrement mieux à faire que de rester là à les écouter, je récupère mes affaires et m'en vais. Quelle direction ? Qu'importe.

 

 

21-07-12

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