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Moi Par Mois

14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 23:11

 

Je me suis réveillé avec une vérité en tête : dormir et manger sont des pertes de temps ! Bambin je le pensais/disais déjà, or ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Déjà quarante-quatre ans que je cumule les heures perdues. Il serait temps que j'en profite enfin ! C'est pourquoi, à peine levé, je m'en vais voir des amis. Je prends la route et bien que je la connaisse, j'ai l'impression de la redécouvrir. Arrivé chez mes potes, ils n'y sont pas. Je vais voir ma fille mais elle est également absente. Mais merde, où se trouvent-ils tous ? Suis-je en train de rêver ? Je pensais pourtant avoir été clair : je ne VEUX plus dormir ! Je me pince, je me cogne, mais rien n'y fait, je ne me réveille toujours pas dans mon lit. Alors que j'étais dans ma voiture, prêt à rentrer dans un mur pour provoquer un gros choc, je me suis soudainement souvenu que mes amis étaient très probablement au travail et ma fille en cours. Stupid me! Pas grave, je les appellerai. Pour l'heure, il va falloir trouver de quoi m'occuper et rattraper le temps perdu. J'ai tant de choses à faire, tant de projets avortés à faire renaître, de rêves que je pensais inaccessibles qui ne se trouvent qu'à quelques centimètres de mes bras... Je suis un nouvel homme. Et je l'aime bien celui-ci, bien plus que l'ancien-moi!

 

Bref, je rentre chez moi, monte à l'étage, ouvre la porte du grenier, essaie de l'ouvrir en fait puisqu'il manque la clé, redescend la chercher, la retrouve, remonte, l'insère dans la serrure, ouvre la porte, fais deux trois pas à l'intérieur et me retrouve au beau milieu d'un nuage de poussière. Après avoir retrouvé le calepin dans lequel j'écrivais tout ce qui me passait par la tête au collège, je me pose dans un vieux canapé recouvert d'un plastique et débute la lecture. Premier constat : je ne savais pas écrire ! Des fautes par-ci, par-là, partout. Deuxième remarque : j'étais on ne peut plus amoureux. Jamais de la même, mais c'était toujours la bonne. Ce petit Roméo me manque parfois. Après avoir recopié une liste de choses à absolument faire dans ma vie sur une feuille volante à petits carreaux, je me lève du sofa, redescends et retourne dans ma ville natale.

 

Me voilà arrivé ! Amusant comme tout à odeur de moisi ici, comme si l'air est le même qu'il y a trente ans. S'il y a bien une chose qui a changé ce sont les personnes : toutes plus faibles, plus petites, plus vieilles en fait ! Je trace mon chemin jusqu'à la maison familiale. Impossible de se tromper, c'est la mieux entretenue du quartier. Les fleurs sont belles, la haie taillée, la peinture refaite, c'est bon d'être rentré quand même. « À taaaaaable ! » Aucun doute possible, ils sont présents tous les deux et je sais déjà que maman est en pleine forme si j'en crois son cri qui a (bercé serait trop doux) rythmé ma jeunesse. J'ouvre la porte et me retrouve face à un miroir déformant. Que j'aurais pu croire, ce n'est que mon père au sommet de sa forme : traînant des pieds par terre, pas rasé, le sourire absent, le ventre pendant, les muscles absents apparents grâce à son débardeur trop grand. Arrive alors maman, son opposé. Ses pas ne touchent pas le sol, ils flottent dans l'air. Pas un sourcille ne dépasse ses frères. Sur son visage trône un rictus que je devine forcé. Au travers de sa robe moulante ses abdos me font coucou. « Que viens-tu faire là ? » « Voir ma vieille en espérant que ce soit la dernière fois ! » Oui, nous ne sommes pas forcément très aimables entre nous, vieille habitude prise à l'adolescence. Je leur explique ce que je viens de vous raconter et je leur demande : « Vous sauriez ce qu'est devenue Julie Dupré ? » Mon papa, qui était alors resté muet, fit un pas en avant et me dit d'une voix grave : « Je crois que c'est l'institutrice de Aublé, tu sais le village à 2,5 km ! » Je lui murmure un timide merci, reprends ma voiture tout en oubliant que ma mère m'avait déjà installé une assiette pour manger avec eux. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois !

 

Me voilà arrivé ! Ce que mon père avait oublié de me dire c'est que ces 2.5 km étaient à vol d'oiseaux et que donc, dans nos montagnes, cela équivaut à environ une heure de route... Passons là-dessus (même si cela m'a quand même sacrément énervé sur le moment, d'ailleurs encore un peu maintenant, voire beaucoup, m'enfin je n'ai pas non plus envie de ne parler que de ça, d'autant plus que vous devez vous en foutre un peu) et revenons à nos moutons. En descendant de la voiture, je sais déjà que je n'aurai pas besoin de demander mon chemin, il me suffira de suivre les cris du troupeau de futures grandes personnes. On peut se demander s'ils jouent ou s'ils sont torturés. En tout cas nos oreilles saignent assurément. Histoire de faire bonne impression, je saute par dessus le muret qui sépare le trottoir de la cour de récréation. Les gosses m'encerclent immédiatement avec des regards admirateurs. Julie, elle, s'approche plutôt avec un regard surpris voire inquiet. Je ne lui laisse pas le temps de dire un mot, je colle directement mes lèvres sur les siennes et l'embrasse. Puis m'en vais comme je suis arrivé. Ma femme n'aurait pas aimé mais l'enfant qui sommeille en moi était plus que satisfait.

 

Bon, quelle est la suite du programme ? Provoquer une bagarre, faire l'amour à une inconnue, visiter la Russie en voiture, parcourir la muraille de Chine en courant, prendre en photo les magnifiques paysages de Nouvelle-Zélande, essayer toutes les drogues, sourire une journée complète, essayer tous les alcools, aller voir un match de basket aux États-Unis, voir et toucher le Loch Ness, ramener des éclats d'étoile, faire la manche... Alors, par quoi poursuivre ?

 

(partie 1/2 : 14-09-12)

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