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Moi Par Mois

14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 01:46

 

 

Petit, tu n'aimais pas que l'on te considérait comme tel. On s'amusait à t'entendre répéter « Je ne suis pas petit, je suis moyen. » en partant du principe qu'étant en moyenne section tu changeais de catégorie. « Je ne suis pas petit, je suis moyen. » « Je ne suis pas petit, je suis moyen. » Oh ça oui tu aimais le dire autrefois, mais aujourd'hui nous avons le droit à un tout autre refrain. Qu'y a-t-il de pire que de naître, mais surtout de vivre, toujours dans la moyenne ? Probablement vivre en-deçà de celle-ci j'ose penser, mais tu ne sembles pas prendre cette possibilité en considération. Depuis ta plus tendre enfance, tu ne fus jamais le meilleur dans une quelconque discipline, dans un quelconque domaine. Jamais. Quand bien même tu travaillais plus que de raison à l'école, tu ne parvenais jamais à décrocher des notes plus hautes que douze ou treize. Ne jamais briller auprès des autres lors de l'adolescence peut rendre quelqu'un totalement méfiant de lui-même. Par chance ce ne fut pas le cas pour toi. Au tout début tu n'étais que découragé en constatant que quoi qu'il arrive ta place ne changeait pas. À un moment tu en profitais d'ailleurs voyant le côté positif : « Si ma place est toujours au milieu, pourquoi travailler alors ? » cependant ce jour-là tu compris également qu'il était beaucoup plus simple de dégringoler dans le bas du classement que d'y remonter plus tard. Certes ta note était toujours moyenne mais ceux que tu côtoyais, ceux qui tombaient dans la médiocrité, n'arrivaient généralement pas à se relever. Tu grandis donc dans cette moyennitude en n'y pouvant faire que dalle. Cela t'a fait mal mais il faut bien remarquer quelque chose : tu as beau être dans la norme sans cesse, tu es tout à fait anormal. Cela te réjouit-il ? Je ne le pense pas. Quoi qu'il en soit, te voilà à présent membre de cette classe moyenne dont tout le monde se plait tant à faire partie. Aussi étrange que cela semble le monde ne se divise aujourd'hui qu'en trois groupes distincts : la haute société, la classe moyenne et les pauvres. La lutte des classes de Karl Marx est plus que présente mais en ayant évolué avec le temps, surfant sur la vague du progrès. Les bourgeois essaient tant bien que mal de se faire petits pour ne pas se faire haïr par les ouvriers qui font tout pour paraitre grands si bien qu'à présent ils se sont tous retrouvés dans cette classe moyenne où l'on trouve de tout. Les riches, les vrais, les snobs, eux, refusent de s'abaisser et acceptent de prendre des décisions qui vont à l'encontre de la population moyenne. Les pauvres, enfin, continuent de crever sous les ponts sans que personne ne fasse rien. Ils n'ont toujours pas un mot à dire et tu sembles être contre cela. Tu voudrais tant monter dans cette hiérarchie et emmener tout le monde avec toi, tu es un peu un communiste des temps modernes, un altruiste au grand cœur. « À bas les riches !!! À bas les riches !!! » C'est sûr que tu apportes ta pierre à l'édifice qu'ont commencé à bâtir les combattants pour l'égalité. Pour faire bouger les choses toi tu les bloques. Les manifestations auxquelles tu participes s'additionnent, se multiplient et pourtant cela continue de se dégrader. Comment ça ? Est-ce possible ? Il semblerait hélas que oui. Aucun changement, des discussions et disputes stériles qui s'enchainent, celles-là même qui m'horripilent. Vous tournez en rond mais à quoi bon puisqu'à la fin personne n'a raison ? Tu avances des arguments, tu t'avances, devances même les autres, de mots secs en tension puis en dépression, pour voir finalement que la lutte n'avance pas d'un pas. Encore ce satané sort qui s'acharne sur toi. Tu baisses finalement les bras après des années de lutte où tu n'as pas cotisé pour la retraite. Te voilà à présent sans emploi, sans argent, sans même de force dans la voix. Te voilà au plus bas et pourtant tu en souris, toi, M. moyen qui se retrouve dans ces draps qui sont bien loin d'être beaux. Te voilà pauvre, te voilà descendu dans ces oubliettes ténébreuses d'où l'on ne remonte pas. Et puis un après-midi ensoleillé, te voilà mort.

 

 

 

[13-05-10]

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